Quelle est l’origine du mot de passe ? Une histoire de sécurité depuis l’Antiquité

L’origine du mot de passe remonte à des temps bien plus anciens qu’Internet ou l’informatique. Depuis l’Antiquité, l’homme utilise des moyens pour sécuriser l’accès à des lieux, des informations ou des systèmes. Aujourd’hui, les mots de passe sont au cœur de la cybersécurité, mais leur histoire révèle une constante : le besoin humain de vérifier l’identité de l’autre.

Le mot de passe dans l’Antiquité : une question de vie ou de mort

Bien avant les ordinateurs, les mots de passe servaient à différencier l’ami de l’ennemi. Dans la Rome antique, les sentinelles utilisaient un « signum » (signe) ou une « tessera » (jeton) pour communiquer un mot de passe à leurs troupes. Ce mot devait être répété à l’identique pour accéder à un poste ou pour passer une garde. Une erreur pouvait coûter la vie.

Des historiens comme Polybe décrivent déjà ce mécanisme dans leurs écrits. Le mot de passe militaire était alors un outil de confiance et de contrôle. Il garantissait l’ordre et empêchait l’infiltration ennemie.

Du secret verbal à la sécurité numérique

Au fil des siècles, l’usage du mot de passe s’est transformé. Durant la Seconde Guerre mondiale, les Alliés utilisaient des questions-réponses codées. Par exemple, un soldat pouvait dire « flamme » et attendre « feu » en retour. Ce système réduisait les risques d’erreur humaine et d’espionnage.

L’arrivée des systèmes informatiques dans les années 1960 a marqué un tournant. Le tout premier mot de passe informatique documenté est apparu dans le Compatible Time-Sharing System (CTSS) au MIT en 1961. Les utilisateurs devaient saisir un mot de passe pour accéder à leurs fichiers. Ce système rudimentaire est considéré comme le point de départ de la gestion numérique des mots de passe.

Une source de référence à ce sujet est l’article du MIT sur l’histoire de CTSS.

Le mot de passe aujourd’hui : une arme à double tranchant

De nos jours, les mots de passe protègent nos comptes bancaires, nos boîtes mail et nos réseaux sociaux. Cependant, leur efficacité dépend de leur complexité et de leur unicité. Trop de gens utilisent encore des mots simples, voire les mêmes pour plusieurs services.

Cela facilite le piratage, surtout via les techniques de « credential stuffing » ou le phishing. Des attaques massives montrent régulièrement les faiblesses d’un système basé uniquement sur des mots de passe.

C’est pourquoi les experts recommandent aujourd’hui l’utilisation de gestionnaires de mots de passe, de l’authentification à deux facteurs (2FA) et, de plus en plus, de la biométrie.

Une évolution logique mais incomplète

L’origine du mot de passe nous rappelle que ce mécanisme, aussi ancien soit-il, repose toujours sur un principe fragile : la mémoire humaine. L’histoire du mot de passe montre que la sécurité repose non seulement sur la technologie, mais surtout sur les comportements.

Aujourd’hui, le débat s’oriente vers des alternatives plus robustes, comme les passkeys (clés d’accès), le cryptage biométrique ou encore l’authentification décentralisée.

Selon un article du National Institute of Standards and Technology (NIST), les mots de passe simples sont désormais obsolètes et doivent être renforcés par des méthodes modernes :
👉 https://pages.nist.gov/800-63-3/sp800-63b.html


Conclusion
L’origine du mot de passe révèle une constante dans l’histoire de l’humanité : la nécessité de filtrer l’accès, d’authentifier, de protéger. De la Rome antique aux systèmes numériques modernes, les mots de passe ont évolué mais n’ont jamais disparu. Leur histoire n’est pas qu’un détail technique, c’est un pilier de notre sécurité quotidienne.